Historique

Historique

Coup d’œil sur le passé…

 

rpolivaintLa Conférence Olivaint de Belgique (C.O.B.) plonge ses racines en France où, en juillet 1954, quelques étudiants belges font la connaissance de la Conférence Olivaint de Paris, fondée en 1852 sous l’appellation de “Réunion des Jeunes Gens”. Ce mouvement avait pour but de doter les étudiants de toutes facultés universitaires d’un complément de formation intellectuelle, morale et politique.

En 1875, la “Conférence Olivaint de Paris” est créée et vient se greffer sur la “Réunion”. S’adressant particulièrement aux étudiants en Droit et en Sciences politiques, elle s’ouvre également à d’autres disciplines. Son nom lui vient du Père Pierre Olivaint, s.j. directeur de la Réunion des Jeunes Gens et décédé dans la tourmente de la Commune, en mai 1871.

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, la Conférence Olivaint vise simplement à donner à ses membres un approfondissement spirituel ainsi qu’une conscience plus aiguë des responsabilités sociales qui seraient un jour les leurs, en tant que “futurs cadres”. Au lendemain de la guerre, la Conférence Olivaint se transforme en un club de formation à la politique. Sans établir de distinction de formation intellectuelle, de croyance, d’opinion, de parti ou de nationalité, la possibilité est ainsi offerte à chacun d’exercer ses compétences dans des domaines concrets et, par l’apprentissage des techniques indispensables (art oratoire, journalisme écrit), de se préparer à jouer éventuellement un rôle politique aux divers échelons de la vie locale et/ou nationale.

Voir aussi « Un cercle d’étudiants catholiques sous la Troisième République: la Conférence Olivaint, 1875-1940 » par le professeur David COLON (Sciences Po – Paris).

La création de la Conférence Olivaint de Belgique

historiqueolivaintEn juillet 1954, une poignée de rhéteurs belges séjournent brièvement à Paris pour participer aux travaux de la “Conférence Olivaint de Paris”. Cette première prise de contact est suivie d’un séminaire de quinze jours à Port-Cros où, sous l’égide de hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay, les jeunes des deux pays s’adonnent ensemble à des travaux écrits, des joutes oratoires, ou autres tables de discussion.

C’est rempli d’enthousiasme que nos compatriotes rentrent en Belgique, où ils se rendent bien vite compte du caractère unique de l’expérience qu’ils viennent de vivre et discutent de la possibilité de créer un mouvement similaire en Belgique. L’impulsion initiale viendra du Père Huvenne, véritable moteur de la “Conférence Olivaint de Paris”, qui lors d’une visite à Bruxelles exhorte les participants présents à Port-Cross à créer un groupe dont les travaux auraient pour but de former des jeunes à la “chose” politique. Cet appel à l’action est reçu de manière positive et mène à la création de la Conférence Olivaint de Belgique le 7 novembre 1954, sous la présidence du Père Haumont, s.j.

L’essor de la Conférence Olivaint de Belgique

Le départ n’est pas fulgurant. Des défections se produisent même très rapidement. Certains, en effet, n’avaient adhéré que du bout des lèvres et ils s’aperçoivent très tôt que la vie politique, une fois dépouillée des charmes de l’île de Port-Cros, n’exerçe sur eux plus aucun attrait… Reste un noyau de “mordus”, épaulés vigoureusement par les “conseillers techniques” de la première heure (E.Debra – juriste; F.Behets-Wydemans – économiste), qui entament avec assiduité l’étude de problèmes d’actualité : la planification, les questions sociales, le marxisme…

Au début, la jeune institution rassemble essentiellement des Bruxellois qui décidèrent cependant de désigner le groupe du nom de Conférence Olivaint de Belgique, leurs visées étant alors ambitieuses. Une organisation interne démocratique est mise en place : un Bureau élu par les membres eux-mêmes, soutenu par les conseillers techniques.

En juillet 1955, un premier élargissement a lieu : deux étudiants venus des Facultés de Namur reviennent enthousiastes d’une session franco-israélienne tenue à Port-Cros. Ils s’intègrent au groupe et y entraînent des amis : un sang nouveau est ainsi apporté. Un troisième conseiller technique, P. van Ypersele de Strihou, juriste et économiste, prend également fonction au sein de la Conférence.

Au cours des années ultérieures, les travaux de la C.O.B. s’organisent de plus en plus rigoureusement: aux exercices de parole publique, désormais critiqués par un spécialiste, s’ajoutent des essais de journalisme écrit, corrigés par un quatrième conseiller (J.Naveau, docteur en droit et journaliste). Plusieurs “ateliers” ou équipes de travail sont constitués par les membres venant d’une même université. Les travaux réalisés dans ce cadre sont soumis en réunion plénière à l’appréciation d’experts, et donnent ensuite lieu à un débat.

En 1957, les déjeuners-causeries sont introduits, au cours desquels des questions d’actualité sont abordées par des personnalités du monde économique, politique, social…  S’ensuit un vivant dialogue entre l’orateur invité et son auditoire.

Autre nouveauté apparue en octobre 1957: la revue “Contact”, destinée à tenir tous les membres au courant des activités ordinaires et extraordinaires de la Conférence et à proposer à tous le contenu des essais de journalisme écrit. Divers colloques sont également organisés au cours desquels des personnalités de tendances diverses proposent aux membres des opinions divergentes sur des problèmes d’actualités.

C’est aussi en 1957 que la C.O.B. pénètre en Flandre: dès le début de l’année académique 1957-58, un atelier est mis sur pied par des étudiants de l’Université de Gand.

En 1958 a lieu le premier “tournoi d’éloquence”; les thèmes, d’abord relatifs au pays où devait se tenir la session d’étude annuelle, furent ensuite choisis parmi des problèmes de politique intérieure.

C’est aussi qu’en 1958 que les sessions d’étude propres à la C.O.B. commencent, selon une formule d’organisation toujours d’actualité. La C.O.B. visite Israël en 1958, après avoir participé aux sessions 1956 et 1957 organisées par la Conférence Olivaint de Paris.

En 1971, la C.O.B. se structure et décide de revêtir la forme d’une A.S.B.L.

La Conférence sans son fondateur

historiqueolivaint2Lorsque le Père Haumont, le fondateur de la Conférence, décède en 1981, la C.O.B. se retrouve confrontée à plusieurs difficultés: la perte d’une personnalité centrale, l’absence d’un secrétariat efficace, le maintient d’un réseau d’anciens de plus en plus complexe, la continuité des activités, …

Un conseil d’administration composé d’anciens membres est alors mis sur pied pour relever ces défis. Grâce principalement à l’engagement énergique de son Président, Jean-Jacques Masquelin, la C.O.B. se stabilise et poursuivra ses activités jusqu’aujourd’hui.

En 2005, la C.O.B. fête ses 50 ans à l’occasion d’un colloque au Palais d’Egmont organisé conjointement avec l’Institut Royal des Relations Internationales (IRRI, rebaptisé depuis Institut Egmont – cf. Liens), en présence de nombreux anciens et entouré d’invités prestigieux dont S.A.R. le Prince Philippe de Belgique (cf. Photos). Programme / “Sécurité et défense de l’Europe” – Monsieur Armand De Decker, Ministre de la coopération au développement. / “The transatlantic relationship between the European Union and the United States – ready for a fresh start ?” – Professor Dr. Günter Burghardt, Former EU Ambassador to the United States. /

Notes d’intervention sur les relations transatlantiques” – Monsieur Philippe de Schoutheete, Ambassadeur honoraire.

Le 30 septembre 2004, le titre d’Association Royale est conféré à la C.O.B.

Depuis 2005, la C.O.B. entreprend de moderniser ses structures et son projet afin de continuer à répondre à sa vocation première : former des étudiants à l’exercice de responsabilités professionnelles futures témoignant d’un engagement au service public. Dans le contexte politique belge actuel, la C.O.B. apparaît également comme un lieu de rencontre unique entre jeunes des différentes communautés du pays.